Bleu électrique, orange mécanique #5

Posté par le août 25, 2009 | 4 commentaires

Et voilà le 5ème billet sur la genèse du projet, et le chemin que j’ai emprunté pour passer du statut de salarié happé par la crise au statut de chef des sacoches Akibag.

Bon, on a le temps, l’idée et le nom, les noms de domaines, maintenant je fais quoi ? :mrgreen:

(J’achète pas une machine à coudre) Je cherche une usine capable de fabriquer cette sacoche, je dis « cette » sacoche car le modèle que vous connaissez aujourd’hui est bien sûr déjà dans ma tête, et le plus dur commence :

Trouver quelqu’un capable de marcher dans le délire, de traduire mon idée sur le papier, de la matérialiser, et ça, hmm, je vais pas mal galérer.

La première chose à laquelle je pense, c’est de rechercher une usine, et en France, car j’ai envie de pouvoir me rendre sur place rapidement, de communiquer en français, de soutenir un secteur en difficulté, d’avoir des délais de livraison courts, de réduire au max l’empreinte écologique. (vous remettrez dans l’ordre).

Naïvement, je pensais pouvoir trouver cela sans trop de difficulté, j’espérais même avoir le choix,  mais les personnes vers qui je me suis tourné m’ont vite fait comprendre que je perdais mon temps. Même pas une petite usine avec une dizaine d’ouvriers, un peu à la peine face au délocalisations, nan. Rien.

Et puis, finalement, une usine sert à fabriquer, pas à concevoir le produit, le dessiner, etc… Je recherche donc un fabricant. Là, il y a le choix, sauf que la plupart d’entre eux ne se fatiguent pas à concevoir des sacoches, mais travaillent uniquement sur catalogue. Ceux là éliminés, il reste encore du monde. Je balance une série de 10 mails sur les entreprises qui peuvent m’intéresser, et j’attends toujours mes 10 réponses. :-|

Les relancent n’y changent rien. Je re-re-recherche, je re-re-retrouve des fabricants, je re-re-renvoie des mails, j’attends là aussi toujours les réponses, et c’est parti, on continue, jusqu’à une énième série de mails (2 mois après avoir commencé à démarcher) qui avait un ton… disons blazé, avec à la place de « dans l’attente  d’une réponse » un truc du genre « MAIS RÉPONDEZ B**DEL » …

Et là, j’ai reçu 1 réponse, une seule, quelques heures seulement après avoir mailé. 2 mois de recherche, pas un réponse, et là j’ai une réponse en 3 heures :-o

Donc après quelques échanges de mails, on se rencontre, tout le monde très gentil, (et je dis pas ça parce que je sais que toute l’équipe me lit), j’explique le projet/concept/problème :

Chomeur (première tare)

25 ans (deuxième)

pas trop de sous (troisième)

une sacoche qui roxx tellement qu’elle est hypra dure à concevoir/fabriquer, cumulée avec une quantité ridicule pour eux, mais énoooorme pour moi (quatrième)

la crise (cinquième)

Autant dire que c’était pas gagné, et ben figurez vous qu’on m’a répondu : « ça vaut pas vraiment le coup pour nous de passer tout ce temps à concevoir une telle sacoche pour si peu de quantité, mais sait-on jamais, ça peut marcher. En plus, t’es un p’tit jeune qui n’en veut, ça fait plaisir de voir des jeunes qui se bougent, on va tenter »

Ben tu vois, je termine comme ça ce billet : La création d’Akibag m’a permis de faire des rencontres géniales de gens géniaux, c’est avec des gens comme ceux là (et d’autres, on verra plus tard) que le pays tourne, oui môsieur !

4 commentaires

  1. Wow, je connaissais pas l’histoire.
    Bon je reprends du début du coup.

  2. héhé, le suspens et tout, la classe :)

  3. Je pense que, finalement, créer une entreprise en temps de crise rend l’exercice passionnant… et je suis d’accord avec toi : le plus beau dans tout ça c’est le côté humain de l’aventure

    F

  4. je ne suis pas le même Francois que ci-dessus.

    je n’ai pas tout compris, vous vendez des sacoches depuis février or vous venez seulement, en août, de trouver un fabricant… d’où venaient les sacoches vendues jusqu’à présent ?

Laisser un commentaire